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L'URGENCE DANS LES PRISONS FRANCAISES FACE AU CORONAVIRUS

Le 24 mars 2020
LE GOUVERNENEMENT FRANCAIS COMMENCE A REAGIR FACE A LA MENACE GRAVE ET GRANDISSANTE QUE CONSTITUE LA PROPAGATION DU CORONAVIRUS QUI MET EN DANGER LA SANTE DES SURVEILLANTS ET DES DETENUS COMPTE TENU DU CONFINEMENT CARCERAL

En l'espace de cinq jours, le nombre de prisonniers et de membres du personnel pénitentiaires susceptibles d'avoir été contaminés a augmenté de près de 500 %

Il apparaît urgent de prendre des mesures utiles car ce type de confinement et d'enfermement est source d'une grande promiscuité et donc d'un grave danger.

I LE MILIEU CARCERAL ET L'EXTREME PROMISCUITE:

Il sont actuellement près de 72 000  détenus dans l'ensemble des 188 établissements pénitentiaires français qui n'offrent en réalité qu'à peine 60.000 places.

Si l'on rajoute l'ensemble des surveillants qui les encadrent, on se rend aisément compte que chacune de ces forteresses est "pleine comme un oeuf " avec tous les dangers que cela constitue.

Il n'est point besoin de décrire par le détail les aspects et contours de cette immense promiscuité pour se rendre compte que les conditions d'existence qui sont celles des prisonniers et de leurs gardiens laissent craindre la propagation du virus dans ces lieux ou il est difficile de cohabiter, de circuler et  d'isoler les personnes contaminées.

Le 16 Mars dernier, un détenu de 73 ans prénommé Mohammed, est décédé à l'hôpital de Fresnes des suite du coronavirus qu'il avait certes selon certains médias  contracté avant d'être incaréré.

Pour autant, le virus a donc tué pour la première fois en prison et est parvenu paradoxalement à pénétrer dans ces milieux  dits fermés qui constituent si l'on peut dire un "confinement collectif".

Certes, la Garde des Sceaux avait il y a quelques jours interdit les parloirs ou plutôt les visites aux détenus  et bien qu'il s'agissent sans doute d'une mesure raisonnable, ces derniers le vivent très difficilement car cela vient encore rajouter à la promiscuité et au désespoir de nombre d'entre eux.

Car pour reprendre les termes de René FREGNI, célèbre écrivain provençal qui a depuis des années voulu faire découvrir l'écriture et la lecture en milieu carcéral et a dernièrement publié ses "Carnets de prison ou l'oubli des rivières ", il s'agit d'une double voire d'une triple peine.

En effet, cette petite demi heure passée avec un proche deux ou trois fois par semaine, constitue la seule ouverture sur l'extérieur et c'est celui là qui le plus souvent aussi lui apporte  le linge de rechange de la semaine et alors que certains visiteurs en profitent pour "faire rentrer" auprès des détenus "la petite fumette du soir" dont ont dit que 80 % d'entre eux la consomme en cellule pour parvenir à trouver le sommeil au sein de cet univers particulièrement hostile, violent et difficile à supporter. 

Alors la question doit être posée: que va t-il advenir de la situation des détenus, de l'équilibre et de la paix carcérale actuellement très compliquée à contenir compte tenu des conditions déjà très dégradées d'incarcération et alors que se rajoutent en plus et désormais la crainte et le stress engendrés par la propagation du coronavirus ainsi que l'instauration de mesures encore plus contraignantes pour les prisonniers ?

II LES MESURES ENVISAGEES PAR LE GOUVERNEMENT:

Jusqu'à ces derniers jours, la Ministre de la Justice "n'était pas du tout dans l'optique"  de désengorger les prisons ou de permettre l'élargissement même prématuré de détenus les moins dangereux. 

A présent et sans doute face à la situation devenue particulièrement explosive dans les prisons, la Garde des Sceaux entend présenter dans la semaine divers projets d'Ordonnances visant à assouplir les conditions de libération anticipée et d'octroi de réductions de peines en raison de la situation sanitaire.

Le Gouvernement entend donc lâcher du leste et il n'est pas impossible qu'un nombre significatif de détenus puisse profiter de ces mesures, afin de contenir les mutineries qui fleurissent un peu partout en France depuis la suspension des parloirs avec les familles.

Ainsi, 5.000 détenus actuels pourraient bénéficier d'un élargissement prématuré soit pour les petites peines soit pour ceux qui s'approchent de la fin de peine, mais en tout état de cause les personnes condamnées pour les affaires de moeurs, plus généralement les affaires de nature criminelle ou celles liées au terrorisme en seront exclues. 

A noter que certaines juridictions veulent aussi éviter autant que faire ce peut les incarcérations nouvelles et certaines d'entre elles entendent statuer dans l'optique de ne pas incarcérer une personne condamnée à une peine inférieure à un an d'emprisonnement.

On ignore cependant à ce jour quel sera le contenu plus précis de ces mesures et a fortiori on ne peut pas se prononcer sur leur impact ou leur efficacité afin d'éviter la propagation du coronavirus en milieu carcéral.

Mais l'on sait en tous cas que cette situation aujourd'hui particulièrement tendue dans les prisons françaises, n'a pas pour seule origine la survenance soudaine du virus qui vient simplement surajouter  à des conditions de détention qui sont fortement critiquées depuis longtemps et à propos desquelles il n'a jamais vraiment été sérieusement remédié.

Il faut donc éviter le pire et le Gouvernement a aujourd'hui la lourde responsabilité de devoir choisir en urgence les remèdes à la fois les plus équilibrés et les plus appropriés.

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