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LE CELEBRE VIGNOBLE DE COGNAC SERAIT INFILTRE PAR "LES NOUVEAUX VAUTOURS"

Le 08 mars 2019
Avec plus de 170 Millions de bouteilles exportées chaque année et un chiffre d'affaires de trois milliards d'euros, la filière des eaux de vie de Cognac attire la convoitise de viticulteurs plus ou moins scrupuleux.

Depuis le siècle des Lumières, les exploitations charentaises et de Cognac ont réussi grâce à un savoir faire et des techniques très spécifiques, à renforcer la réputation des eaux de vie de Cognac très appréciées même à l'étranger eu égard à leur qualité exceptionnelle.

Exporté aux Etats Unis et même en Asie, ce commerce du Cognac a été très florissant dès le milieu du XIXème siècle, tandis que sa production n'a cessé de croître par la suite, triplant même entre les années 1960 et 1990.

Dès cette période, la filière va être frappée par une surproduction qui va générer une politique d'arrachage mais elle va ces dernières années retrouver une belle santé  par le biais d'exportation massives en Amérique du Nord où cette boisson appelée "Yak" est très prisée notamment par la communauté noire, puis aussi au Royaume Uni et en Extrême-Orient (Chine et Singapour notamment).

Aussi, ces eaux de vie dont il convient d'abord de rappeler la spécificité de sa technique de fabrication  qui conduit à sa qualité exceptionnelle, ont elles suscité dernièrement beaucoup de convoitises conduisant certains viticulteurs a expérimenter des procédés peu orthodoxes pour obtenir des droits de plantation, ceci au grand damne des instances interprofessionnelles de l'appellation.

QUALITE ET HAUTE TECHNICITE DES EAUX DE VIE DE COGNAC:

L'eau de vie de Cognac est obtenue grâce à l'utilisation d'un cépage blanc qui plus anciennement était appelé la Folle Blanche ou Gros-Plant et qui a ensuite été supplanté par l'Ugni blanc.

Depuis plus de deux siècles, les firmes locales vont s'attacher à créer des alcools aux saveurs délicates et arômes subtiles.

Le cahier des charges de l'appellation impose des règles strictes de fabrication qui sont déjà anciennes et correspondent à une technique très spécifique.

Celle-ci se caractérise d'abord par la conduite d'une double distillation en double chauffe selon la tradition charentaise, qui s'opère dans un alambic en cuivre dont la contenance maximale en vin est réglementée: ainsi le vin et sa lie sont distillés une première fois produisant un "brouillis" titrant environ 30°, ensuite de quoi celui-ci est distillé à nouveau produisant après séparation un liquide appelé "coeur" et fortement alcoolisé soit environ 70 °.

Ensuite la seconde étape consiste à stocker cette eau de vie dans des fûts de chênes des forêts de Tronçais ou du Limousin, afin d'entamer son vieillissement qui va durer au moins deux ans.

Durant cette période, des échanges s'opèrent entre le chêne de la barrique, le contenu et l'atmosphère, développant ainsi les arômes, les couleurs et les parfums d'un Cognac qui une fois en bouteille ne vieillit plus.

Par ailleurs et ceci constitue aussi une autre spécificité de fabrication, des coupages sont réalisés par étapes successives pour assembler durant le vieillissement, des eaux de vie d'âges et de crus différents.

C'est donc un processus spécifique , lent et méticuleux lui-même associé à un vrai savoir faire local qui permet la production de ce nectar charentais tant prisé et réputé aussi bien en France et qu' à l'étranger.

Cependant, il y a encore une autre particularité qui concerne cette fois la géologie des terrains qui suscite tant d'attrait pour l'obtention des droits de plantation. 

LES RAPACES ET LES DROITS DE PLANTATION:

Michel VIDAL rappel dans son ouvrage fameux "histoire de la vigne et des vins dans le monde" que le géologue Henri Coquand, Professeur à l'Université de Besançon qui avait au  milieu du XIXème siècle étudié la structure du soul-sol charentais, considérait que "la qualité des eaux de vie dépendait de la formation géologique des terrains dans lesquels les vignes sont cultivées".

Ainsi avait-il distingué plusieurs zones calcaires de qualité décroissante en forme concentrique en partant de Cognac, définissant à peu près de qui deviendra l'aire d'appellation Cognac comprenant divers crus dont La Grande Champagne, la Petite Champagne, les Borderies, Les Fins Bois, les Bons bois entre autres.  

Cela signifie qu'outre la technicité et le savoir faire, le terroir demeure déterminant et que l'on ne peut pas en conséquence produire du Cognac n'importe où.

Il est un fait que dans ce contexte, les autorisations de plantation sur l'aire d'appellation sont donc très convoitées.

Dès 2015-2016, l'Union Générale des Viticulteurs de Cognac avait constaté et dénoncé des transferts de surface multiples et d'un procédé douteux, consistant pour certains exploitants peu scrupuleux a acquérir à bas prix des hectares de vignes dans des régions viticoles en crises, notamment dans les Pyrénées orientales, puis arracher ces vignes pour ensuite transférer leurs droits de plantation en Charentes.

Ce dumping manifeste ainsi pratiqué par ceux que l'on a alors appelé "les vautours" n'était cependant pas vraiment prohibé par la législation, mais mettait à mal la réputation et le fonctionnement de l'appellation et face à la contre attaque des organismes de gestion et des organismes professionnels, un nouveau texte communautaire a été voté en 2018 qui a rétabli le statut des vins aptes à la production d'eaux de vie et a pu mettre un terme à cette pratique. 

Pour autant et dernièrement certains viticulteurs toujours plus  inventifs et alléchés par les récents 3 474 Hectares de vignes à répartir en 2019 dans les deux départements charentais (quota qui devrait être reconduit en 2020 et 2021),  ont cru devoir recourir  à une autre manoeuvre peu ordinaire motivée par l'appât du gain et consistant cette fois en la division de leurs exploitations en plusieurs sociétés ou constituées en "cascade" de manière à multiplier les inscriptions au Casier Viticole Informatisé et pouvoir ainsi bénéficier de droits de plantations supplémentaires.

Face à ces débordements, l'Union Générale des Viticulteurs de l'A.O.C. COGNAC espère trouver rapidement des solutions adéquates pour éradiquer ce qu'elle appelle "les nouveaux rapaces" qui font selon elle passer leur intérêt personnel avant l'intérêt collectif de l'appellation.

Maître Dominique BERTRAND, Avocat à ORANGE (Vaucluse) vous conseille en droit vitivinicole et en droit rural.

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